Emmanuel Macron rassemble les acteurs de la filière électrique, des géants d’EDF aux artisans plombiers-chauffagistes de proximité

Face aux enjeux majeurs du changement climatique et à la nécessité de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, Emmanuel Macron a réuni un panorama inédit de la filière électrique au Palais de l’Élysée. Ce rassemblement exceptionnel, qui regroupe à la fois les géants industriels tels qu’EDF, mais aussi les artisans de proximité comme les plombiers et chauffagistes, illustre une nouvelle dynamique de collaboration entre acteurs économiques diversifiés. Le président a ainsi conduit un appel à une mobilisation collective afin de promouvoir une électrification accrue des usages du pays, avec une ambition claire : faire que l’électricité constitue 38 % de la consommation finale d’énergie d’ici 2035, contre 27 % aujourd’hui. Ce virage est un véritable pari stratégique sur trente ans qui engage tous les secteurs, de la construction à l’industrie, en passant par les transports.

Ce projet s’inscrit dans un contexte énergétique mondial tendu : la flambée des cours du pétrole liée à l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient accentue la pression sur les finances publiques et sur la balance commerciale française. En réponse, l’électrification apparaît comme une solution à la fois écologique et économique. Pour ce faire, Emmanuel Macron a voulu fédérer une « équipe de France de l’électrification », où chaque intervenant, qu’il soit grande entreprise ou artisan de terrain, a un rôle capital à jouer. Cette stratégie vise notamment à favoriser la décarbonation des secteurs les plus émetteurs de CO2, tout en favorisant la réindustrialisation et la création d’emplois sur le territoire français.

Les objectifs ambitieux d’Emmanuel Macron pour la filière électrique française #

Au cœur de ce rassemblement, le président de la République a mis l’accent sur des objectifs précis et ambitieux pour la filière électrique, qui s’inscrivent dans la transition énergétique et dans la lutte contre le réchauffement climatique. La volonté gouvernementale est que l’électricité représente près de 38 % de la consommation finale d’énergie en 2035, contre 27 % aujourd’hui. Cette part significative doit permettre de réduire la part des énergies fossiles, encore très importante avec 60 % de la consommation totale en 2024.

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Cet objectif nécessite donc une transformation profonde de plusieurs secteurs clés : le bâtiment, l’industrie, les transports, et l’énergie. D’un côté, il s’agit de généraliser l’usage des pompes à chaleur, de déployer massivement les bornes de recharge électrique, et d’accélérer l’électrification des véhicules lourds. De l’autre, la production énergétique, pilotée notamment par EDF, doit s’adapter en augmentant notamment la capacité des infrastructures de recharge et en préparant des sites industriels aptes à accueillir de gros consommateurs d’électricité. Ces efforts doivent également s’accompagner d’une politique proactive concernant la formation professionnelle, pour répondre aux besoins croissants en compétences techniques spécialisées.

Pour structurer cette ambition, un plan d’électrification des usages a été publié, comportant 22 mesures visant à accélérer la consommation d’électricité. Parmi elles, les investissements massifs prévus par EDF et d’autres acteurs, ainsi que l’engagement de plusieurs entreprises à renforcer l’emploi dans le secteur.

Une transformation sectorielle pour une France plus électrique

Au-delà des chiffres, cette transformation de la consommation énergétique impacte profondément la manière même dont les Français vivent et travaillent. Dans le bâtiment, cela se traduit par la montée en puissance des dispositifs comme les pompes à chaleur, qui remplacent les chaudières au gaz ou au fioul, plus polluantes et coûteuses. EDF a ainsi annoncé une enveloppe de 80 millions d’euros dédiée à accompagner les ménages dans cette transition. Ce soutien financier est une incitation directe qui favorise l’adoption de technologies plus propres.

Dans les transports, l’enjeu est double : électrifier non seulement les voitures particulières mais aussi les véhicules lourds, représentés par les poids lourds et les flottes professionnelles. Un plan d’investissement spécifique, également à hauteur de 80 millions d’euros, vise à installer des bornes de recharge ultra-puissantes pour ces usages, avec le lancement du réseau Izivia Trucks qui ambitionne près de 200 bornes dès sa première phase. Cette opération est essentielle pour désenclaver la mobilité électrique lourde dans les zones industrielles et commerciales stratégiques.

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Enfin, le secteur industriel est appelé à entamer une mutation vers des procédés moins carbonés, notamment grâce à l’introduction massive de chaudières électriques. EDF prévoit un « coup de pouce chaudière électrique » avec 30 millions d’euros pour aider les entreprises à franchir ce pas. Ces mesures regroupent un ensemble homogène visant à faire de l’électricité une énergie de plus en plus centrale et décarbonée.

Le rôle pivot d’EDF et son engagement pour une électrification accélérée #

EDF, acteur historique et pilier incontesté de la filière électrique française, s’est inscrit dans cette dynamique avec un plan d’investissement conséquent, mobilisant au total 240 millions d’euros pour 2026. Ces fonds sont répartis de manière stratégique pour répondre à diverses priorités, allant de l’installation chez les particuliers à la modernisation des infrastructures industrielles. Ce niveau d’engagement souligne la volonté d’EDF de jouer un rôle moteur dans cette transition énergétique majeure.

Une part importante de ce budget – 80 millions d’euros – est allouée à faciliter l’adoption des pompes à chaleur par les ménages, un levier essentiel pour remplacer les systèmes de chauffage à base d’énergies fossiles dans les logements. Cette action s’accompagne d’un soutien particulier envers le parc de logements sociaux et les établissements qui restent encore très dépendants aux énergies fossiles, notamment les Ehpad, dont une part encore proche de 8 % utilise des chaudières au fioul.

EDF agit également dans le secteur industriel en insufflant de nouvelles solutions techniques. La mise en place d’aides pour la conversion des chaudières à combustibles fossiles vers des modèles électriques s’inscrit dans une volonté d’électrification progressive mais résolue des processus industriels, apportant une double valeur environnementale et économique.

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En matière d’infrastructures, EDF via sa filiale Logivolt accentue l’équipement des copropriétés en bornes électriques, ce qui est décisif pour faciliter le passage à l’électrique dans les zones urbaines. Par ailleurs, le projet Izivia Trucks ouvre la voie à une mobilité durable pour les poids lourds. Cette initiative pionnière en France prévoit un réseau de recharge itinérant performant, avec une puissance de charge dépassant les 400 kVA, adaptée aux besoins énergétiques spécifiques de la logistique et du transport de marchandises.

Un partenariat renforcé entre EDF et les artisans locaux pour la proximité

Pour réussir cette transformation énergétique, l’intégration des artisans de proximité, notamment des plombiers et chauffagistes, est primordiale. La complexité des installations électriques modernes et la multiplication des équipements liés à l’électrification requièrent un maillage territorial fin et une expertise de terrain. Ces artisans sont souvent les premiers interlocuteurs des ménages et des petites entreprises, ce qui en fait des acteurs indispensables dans la diffusion des nouvelles solutions.

Emmanuel Macron a souligné l’importance de cette collaboration en les réunissant autour de la même table que les grands groupes industriels. Cela permet de créer une synergie au cœur des territoires, où chaque installation ou rénovation s’accompagne d’une formation continue et d’une montée en compétences des professionnels. Les dispositifs de formation développés depuis plusieurs années, notamment en lien avec plus de 150 lycées techniques, participent à attirer de jeunes talents dans ces métiers spécifiques qui deviendront clés à l’horizon 2035.

Un tel partenariat favorise aussi la création d’emplois sur les territoires, avec un engagement conjoint des entreprises pour embaucher 12 000 personnes et 3 000 apprentis par an. À travers ce maillage, le plan d’électrification prend une dimension humaine et sociale, essentielle pour sa réussite durable.

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Mobiliser tous les secteurs économiques pour accélérer la transition vers l’électrique #

Au-delà d’EDF et des artisans, le rassemblement organisé par Emmanuel Macron a permis de voir converger un ensemble d’acteurs économiques issus des secteurs du bâtiment, des transports, de l’énergie et de l’industrie. Cette approche sectorielle large témoigne de la complexité de la démarche d’électrification, qui doit impérativement s’appuyer sur une coopération étroite entre les différents maillons de la chaîne de valeur.

Dans le secteur du BTP, des groupes comme Equans, Vinci Energie, Eiffage Énergies ou Spie jouent un rôle central. Ces entreprises ont la charge d’intégrer des équipements électriques innovants dans les infrastructures, de raccorder les usines ou encore d’étendre les réseaux de transport électrique. Leur engagement est aussi tourné vers la formation et l’embauche, permettant d’anticiper les besoins croissants en compétences spécifiques dans les prochaines années.

Pour illustrer l’importance de ces efforts collectifs, on peut citer la création de réseaux de bornes de recharge dans des ports stratégiques tels que Marseille ou Le Havre, essentiels pour la logistique et le commerce. Parallèlement, des initiatives plus locales, comme le raccordement de serres agricoles en Bretagne, montrent que l’électrification ne se limite pas aux grandes métropoles mais porte aussi la revitalisation des zones rurales.

Secteur économique Objectifs 2030-2035 Principales mesures Acteurs clés
Bâtiment résidentiel et tertiaire Généralisation des pompes à chaleur ; Électrification des logements sociaux et Ehpad Soutien financier pour PAC ; Installation de bornes dans copropriétés EDF (Logivolt), artisans plombiers-chauffagistes, entreprises du Serce
Transports Électrification des véhicules particuliers et poids lourds Bornes de recharge rapide ; Réseau Izivia Trucks ; Aides à l’achat EDF, transporteurs, constructeurs automobiles (Stellantis)
Industrie Conversion des process à l’électricité ; Réduction des émissions CO2 Coup de pouce chaudière électrique ; raccordement au réseau EDF, entreprises industrielles, Serce
Énergie et infrastructures Développement de réseaux électriques ; production décarbonée Investissements industriels ; modernisation du réseau EDF, opérateurs, collectivités territoriales

La puissance de ce plan réside dans sa dimension intégrée, associant des acteurs de toutes tailles, du géant public EDF aux artisans de proximité, pour accélérer l’électrification de la société française et préparer une économie plus résiliente face aux risques énergétiques internationaux.

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Former et mobiliser les talents locaux, un enjeu clé pour la pérennité de la filière électrique #

Le défi de l’électrification de la France dépasse le seul cadre des investissements matériels. Il englobe également la question cruciale de la formation et du développement des compétences. Les artisans plombiers-chauffagistes, au contact direct du public, se trouvent aujourd’hui au centre d’une transformation technique qui nécessite une montée en qualification.

Pour répondre à ces besoins, les acteurs de la filière ont lancé des programmes d’apprentissage novateurs en partenariat avec plus de 150 lycées professionnels. Ces formations spécialisées, axées sur la haute tension et la grande puissance électrique, offrent une réponse adaptée aux mutations à venir. Objectif : attirer un nombre suffisant de jeunes talents prêts à intégrer des métiers complexes qui seront au cœur de la transition.

Michel Gioria, directeur général du Serce, insiste sur la dimension pluri-décennale de cette transformation : « C’est un programme sur trente ans. » Cette vision à long terme invite à penser la filière électrique comme un chantier de transformation profonde et continue, associant innovation technologique, création d’emplois et développement territorial.

Le plan prévoit l’embauche annuelle de 12 000 personnes et 3 000 apprentis afin de soutenir la montée en charge des installations et garantir un service de proximité efficace. Cette mobilisation humaine contribue non seulement à la réussite écologique, mais aussi à la cohésion sociale et à la dynamisation des territoires, en particulier les zones moins urbanisées.

Aurore Dubois
Aurore Dubois

Passionnée par les énergies renouvelables, je travaille dans le secteur de l'environnement depuis 5 ans. J'aime découvrir chaque jour les nouveautés du secteur énergétique.

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