EN CHIFFRES. La filière française des énergies marines face à un recul des indicateurs en 2025

La filière française des énergies marines fait face en 2025 à un recul notable de ses principaux indicateurs économiques et opérationnels, révélant des tensions inédites dans un secteur pourtant stratégique pour la transition énergétique. Longtemps perçue comme une alternative prometteuse dans le mix énergétique français, la production d’énergie renouvelable issue de l’océan peine aujourd’hui à maintenir son rythme de croissance. Ce retournement s’inscrit dans un contexte où la France cherche à renforcer son autonomie énergétique tout en réduisant son empreinte carbone, mais où les projets rencontrent de fortes contraintes opérationnelles et financières. Malgré un chiffre d’affaires encore significatif, les investissements et l’emploi dans cette filière décroissent, posant des questions cruciales sur son avenir et son rôle dans la lutte contre le changement climatique. En 2025, l’observatoire des énergies marines, soutenu par le Cluster maritime français, dresse un bilan qui interpelle les acteurs publics et privés du secteur.

Évolution des chiffres clés de la filière française des énergies marines en 2025 #

En 2025, la filière française des énergies marines affiche des chiffres contrastés qui témoignent d’un véritable coup de frein dans son développement. Le chiffre d’affaires global reste élevé, à hauteur de 4 milliards d’euros en 2024, mais subit une légère décrue cette année, reflétant notamment un ralentissement des nouvelles mises en chantier. Ce recul est visible à plusieurs niveaux : production énergétique, investissements, emploi et projets industriels.

La part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’énergie continue de progresser en France, mais elle est encore en deçà des objectifs fixés. La cible gouvernementale consiste à atteindre 33 % d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’ici 2030, alors que la part était de 20,3 % en 2022. Cette progression modérée souligne les défis auxquels la filière française est confrontée, notamment dans les secteurs de l’éolien en mer et de l’hydrolien.

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Concernant l’emploi, la filière continue de maintenir un niveau élevé malgré les turbulences. Près de 15 000 emplois directs sont recensés dans ce secteur en 2025, principalement concentrés sur les activités d’ingénierie, de construction et de maintenance des infrastructures marines. Mais cette stabilité masque un ralentissement dans la création de nouveaux emplois, lié au repli des appels d’offres et à la baisse des projets en phase de construction.

Les investissements enregistrent une baisse de l’ordre de 10 % par rapport à l’année précédente, une tendance qui traduit clairement un manque de confiance des investisseurs face aux incertitudes réglementaires et économiques. Ce phénomène retarde la mise en service de nombreux projets ambitieux, générant ainsi un effet domino sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Les indicateurs détaillés dans le tableau ci-dessous témoignent de ces tendances, confirmant la nécessité d’un nouvel élan pour redynamiser la filière.

Indicateur 2024 2025 Évolution (%)
Chiffre d’affaires (milliards d’euros) 4,0 3,6 -10
Emplois directs 15 200 15 000 -1,3
Investissements totaux (milliards d’euros) 1,5 1,35 -10
Part d’énergie renouvelable dans la consommation totale française 22,4 % 23,0 % +2,7
Nombre de projets en phase de construction 18 12 -33,3

Les causes du recul des indicateurs dans la filière française des énergies marines #

Plusieurs facteurs expliquent ce repli sensible des performances de la filière française des énergies marines en 2025. À l’origine de ce recul, on retrouve avant tout un manque de projets réellement lancés sur le territoire durant les dernières années, notamment dans le domaine de l’éolien en mer. Ce « trou d’air » dans l’enchaînement des chantiers entraîne une cascade d’effets négatifs sur les autres indicateurs-clés.

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Sur le plan réglementaire, les procédures administratives complexes et les délais prolongés d’autorisation freinent considérablement le lancement des projets industriels. Par exemple, certaines concessions attendent toujours des validations en 2025, retardant la mise en place de parcs éoliens offshore, qui représentent pourtant une part majeure de la production d’énergie renouvelable issue de l’océan. Ce ralentissement provoque une méfiance accrue des investisseurs, qui cherchent à limiter les risques dans un contexte économique incertain.

Le contexte géopolitique global et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement affectent aussi le secteur. La hausse des coûts des matériaux et des composants technologiques induit des surcoûts inattendus. En parallèle, la concurrence internationale dans le secteur des énergies marines s’intensifie, avec des acteurs étrangers proposant des tarifs plus compétitifs et accélérant le développement dans leurs pays respectifs.

En outre, les enjeux économiques liés à la rentabilité restent au cœur des préoccupations. Alors que la filière doit continuer à démontrer sa compétitivité face aux énergies fossiles, les marges restent serrées. La promulgation de certaines aides publiques en faveur de la transition énergétique ne suffit pas toujours à compenser les frais élevés d’investissement et d’exploitation.

Une autre dimension du problème réside dans la persistance de défis technologiques et environnementaux liés à la mise en œuvre des infrastructures marines. Les contraintes liées à la conception de l’éolien flottant, aux contraintes écologiques sur les zones littorales, ou encore à la maintenance des équipements immergés, impactent la vitesse d’exécution des projets.

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Pour mieux visualiser ces causes, voici une liste des principaux facteurs contribuant au recul des indicateurs :

  • Retards et complexité des démarches administratives.
  • Hausse des coûts des matières premières et composants.
  • Concurrence internationale accrue.
  • Incitations financières publiques insuffisantes.
  • Contraintes technologiques et environnementales spécifiques.
  • Manque de projets en phase active de construction.
  • Incertitudes géopolitiques impactant les chaînes d’approvisionnement.

Les enjeux économiques et industriels pour la filière française des énergies marines #

La filière française des énergies marines représente un levier stratégique essentiel pour atteindre les objectifs nationaux de transition énergétique. Sur le plan industriel, elle s’appuie sur un réseau d’entreprises innovantes et spécialisées, qui créent un écosystème dynamique autour des technologies d’énergie renouvelable issues de l’océan. Malgré le recul actuel, ce secteur engage plusieurs milliers d’emplois et génère un chiffre d’affaires conséquent. Gérer son redressement est donc crucial pour pérenniser cet impact économique.

Les enjeux économiques sont multiples. Tout d’abord, la capacité à attirer des investissements pérennes est fondamentale. La filière doit séduire tant les capitaux publics que privés, en proposant des projets solides à fort potentiel de rentabilité à moyen et long terme. Les effets de levier de ces investissements bénéficient à toute la chaîne industrielle, depuis la fabrication des turbines jusqu’à la maintenance en mer.

En parallèle, la compétitivité industrielle demeure un défi. Les entreprises françaises doivent maintenir un savoir-faire technologique et s’adapter aux évolutions internationales, notamment en termes de réduction des coûts et d’efficacité énergétique. Le développement de l’éolien flottant, par exemple, est un secteur où la France possède un leadership reconnu, mais qui requiert un renouvellement constant des innovations.

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Le rôle des pouvoirs publics est également central. Par la mise en place de cadres réglementaires adaptés, la promotion des appels d’offres compétitifs et des mécanismes de soutien, l’État peut orienter la filière vers une meilleure résilience. La mobilisation des collectivités territoriales et des acteurs locaux est par ailleurs primordiale pour garantir une acceptabilité sociale et environnementale adaptée.

Enfin, les enjeux d’exportation et d’internationalisation représentent une opportunité importante. Plusieurs entreprises françaises développent des partenariats à l’étranger, contribuant ainsi à une visibilité mondiale accrue et à la promotion du « savoir-faire » français dans le domaine des énergies marines. Cette dynamique permet de diversifier les marchés et d’atténuer les risques liés au marché domestique.

Voici une synthèse des enjeux économiques et industriels de la filière :

  • Maintenir et renforcer les compétences technologiques nationales.
  • Attirer des financements stables et durables.
  • Optimiser la chaîne de valeur industrielle.
  • Adapter le cadre réglementaire aux réalités opérationnelles.
  • Promouvoir la collaboration entre acteurs locaux et nationaux.
  • Développer l’exportation et l’internationalisation.
  • Réconcilier performance économique et protection environnementale.

Perspectives technologiques et solutions pour relancer la filière française des énergies marines #

Sous l’effet des reculs constatés en 2025, les acteurs de la filière française s’emploient à identifier des leviers technologiques permettant de relancer durablement ce secteur clé de l’énergie renouvelable. L’innovation est plus que jamais un moteur indispensable pour répondre aux enjeux économiques, environnementaux et industriels mentionnés.

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Parmi les pistes ouvertes, l’éolien flottant se distingue comme un vecteur majeur d’avenir. Cette technologie, déjà expérimentée dans plusieurs parcs pilotes en France, offre la possibilité d’implanter des turbines en haute mer, là où les vents sont plus puissants et constants. Elle permet de surmonter les contraintes des fonds marins peu profonds, limitant ainsi les zones exploitables des éoliennes fixes. Plusieurs projets en cours visent à améliorer la taille, la robustesse et la productivité des installations flottantes.

Dans le domaine hydrolien, l’exploration des courants marins et des marées continue de progresser, avec des prototypes testés sur le littoral français. Ces technologies présentent l’avantage d’une production plus stable et prévisible que l’éolien, mais font face à des défis de durabilité et d’intégration environnementale. La recherche sur des matériaux résistants et des systèmes de maintenance innovants vise à réduire les coûts et à augmenter la fiabilité.

La maintenance prédictive via l’intelligence artificielle et les drones sous-marins constitue un autre axe de progrès important. En permettant un suivi en temps réel des équipements, ces technologies réduisent les arrêts imprévus et optimisent l’organisation des interventions. Cela se traduit par une amélioration de la disponibilité des installations et une baisse des coûts opérationnels.

Par ailleurs, des efforts sont faits pour renforcer le recyclage et la circularité des matériaux utilisés, contribuant à réduire l’empreinte environnementale globale de la filière.

Une liste non exhaustive des innovations technologiques à suivre :

  • Développement des éoliennes flottantes de nouvelle génération.
  • Optimisation des turbines hydroliennes et systèmes de captage des marées.
  • Utilisation de l’intelligence artificielle pour la maintenance prédictive.
  • Intégration de drones et robots sous-marins pour l’inspection régulière.
  • Recyclage avancé des matériaux métalliques et composites.
  • Amélioration de la résistance des infrastructures face aux contraintes marines.

Les enjeux environnementaux liés à la filière française des énergies marines et leur impact sur les projets #

La production d’énergie à partir de l’océan présente des avantages évidents sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à la transition énergétique. Cependant, la mise en œuvre des projets d’énergie renouvelable marine soulève également des défis environnementaux spécifiques qui influencent la dynamique de la filière française.

Les écosystèmes marins fragiles font l’objet d’une attention particulière lorsqu’il s’agit d’installer des infrastructures telles que les éoliennes ou les turbines hydroliennes. Les risques potentiels liés à la perturbation des habitats sous-marins ou aux interférences avec la biodiversité locale imposent des contraintes réglementaires strictes. Par exemple, la surveillance de l’impact acoustique des opérations de construction sur la faune marine est systématiquement exigée.

La gestion des interactions avec les pêcheries et les activités maritimes traditionnelles constitue un autre volet environnemental majeur. Les projets doivent être conçus pour minimiser les conflits d’usage et garantir une cohabitation harmonieuse entre production énergétique et exploitation économique du littoral.

De même, l’éolien flottant nécessite d’intégrer des mesures spécifiques pour gérer l’encombrement visuel et l’impact sur les paysages marins et côtiers, un enjeu crucial face à l’acceptation sociale des installations. L’implication des acteurs locaux et la concertation avec les collectivités territoriales sont devenues des étapes indispensables pour optimiser l’implantation des projets.

Au-delà de la simple conformité réglementaire, la filière s’engage vers une responsabilité environnementale renforcée, en intégrant notamment des stratégies d’atténuation des impacts et des programmes de suivi à long terme. Ces démarches participent à construire un modèle énergétique respectueux des écosystèmes marins tout en répondant aux besoins énergétiques nationaux.

Voici quatre axes majeurs à considérer dans les enjeux environnementaux liés aux énergies marines :

  • Protection de la biodiversité et des habitats marins sensibles.
  • Réduction des nuisances sonores et visuelles durant les phases de construction.
  • Concertation avec les acteurs locaux et gestion des usages maritimes concurrents.
  • Mise en place de programmes de surveillance environnementale à long terme.
Aurore Dubois
Aurore Dubois

Passionnée par les énergies renouvelables, je travaille dans le secteur de l'environnement depuis 5 ans. J'aime découvrir chaque jour les nouveautés du secteur énergétique.

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