En 2025, le Royaume-Uni a franchi un cap historique dans sa transition énergétique. La production d’électricité d’origine renouvelable a atteint un record inédit en fournissant près de la moitié de l’électricité consommée sur le territoire, soit 47%, grâce à une expansion dynamique des capacités éoliennes et solaires. Cette évolution remarquable témoigne de l’ambition britannique à réduire son impact environnemental et à bannir les centrales à charbon, la dernière ayant fermé ses portes fin 2024. Cependant, cette réussite s’accompagne paradoxalement d’une légère hausse de pollution liée à un recours accru au gaz naturel pour compenser la baisse de la production nucléaire et l’arrêt du charbon. Une situation complexe qui interroge sur les défis et leviers de la transition énergétique et le bilan énergétique national. Cette contradiction entre progrès renouvelable et augmentation des émissions illustre l’importance d’une gestion fine et équilibrée du mix électrique pour atteindre un système décarboné stable et durable.
L’évolution majeure du mix électrique britannique : un record inédit en production renouvelable #
La production renouvelable a franchi un seuil symbolique en 2025, représentant 47% de l’électricité générée au Royaume-Uni, soit un bond significatif comparé aux 45% enregistrés l’année précédente. Ce chiffre traduit une accélération sans précédent des technologies vertes, avec un total de 152 térawattheures (TWh) produits à partir de sources renouvelables.
Cette progression est portée principalement par l’éolien, qui reste la première source renouvelable du pays avec 87 TWh, en croissance de 5% sur un an. Le Royaume-Uni dispose désormais d’une capacité installée d’environ 33 gigawatts (GW) en éolien terrestre et offshore, consolidant sa position de leader européen dans ce secteur.
La biomasse suit avec 41 TWh, tandis que le solaire a connu une explosion remarquable, produisant 19 TWh, soit une progression spectaculaire de 31%. Ce bond s’explique notamment par un printemps et une année globalement ensoleillés, mais aussi par la mise en service de nouvelles centrales solaires qui représentent désormais un cinquième de la capacité totale installée.
Autour de cette dynamique, le Royaume-Uni s’impose comme un pays pionnier dans la lutte contre la pollution liée à la production électrique grâce à l’émergence des énergies renouvelables. Cette avancée montre l’engagement du gouvernement à réduire l’impact environnemental et à bâtir un système électrique plus propre, exemple inspirant à l’échelle européenne.
- 47 % de la production d’électricité renouvelable, un record historique;
- 33 GW de capacité éolienne installée, répartis en secteurs terrestre et offshore;
- Progrès notable du solaire, favorisé par un climat exceptionnellement ensoleillé;
- Contribution significative de la biomasse dans le mix énergétique.
| Source d’énergie | Production (TWh) | Variation annuelle (%) |
|---|---|---|
| Éolien | 87 | +5% |
| Biomasse | 41 | +2% |
| Solaire | 19 | +31% |
| Total renouvelable | 152 | +6% |

La fermeture du charbon et le recul nucléaire : un défi pour le mix énergétique #
La transition énergétique du Royaume-Uni passe inévitablement par l’arrêt définitif des centrales à charbon, combustible fossile le plus polluant. Fin septembre 2024, le pays a ainsi fermé sa dernière centrale charbonnière, devenant le premier pays du G7 à se débarrasser totalement de cette source d’émission majeure. Ce jalon marque une étape cruciale dans la lutte contre la pollution atmosphérique et le changement climatique.
Pourtant, cette avancée s’accompagne d’un net recul de la production nucléaire, qui a atteint son plus bas niveau en plus de 50 ans en 2025, avec une diminution de 5 térawattheures. Cette baisse s’explique principalement par des arrêtés temporaires des réacteurs pour maintenance ou rechargement du combustible. La filière nucléaire britannique fait face à d’importants défis de renouvellement et de modernisation. Un plan gouvernemental de 17 milliards d’euros prévoit la construction de deux nouveaux réacteurs EPR pilotés par EDF, ce qui prolongerait la durée d’exploitation et renforcerait la capacité bas carbone, bien que leurs mises en service soient repoussées à 2029-2031.
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Cette combinaison de fermeture du charbon et faiblesse temporaire du parc nucléaire entraîne une fragilité du mix électrique qui doit être compensée, notamment par un recours accru aux énergies fossiles moins polluantes, ce qui engendre des tensions sur le bilan environnemental.
- Fermeture historique de la dernière centrale à charbon du Royaume-Uni;
- Diminution de la production nucléaire à son plus bas niveau depuis un demi-siècle;
- Plan gouvernemental ambitieux pour renouveler la filière nucléaire;
- Impact sur la stabilité et la pollution du système électrique.
| Caractéristique | Données 2025 |
|---|---|
| Production charbonnière | 0 TWh (fermeture fin 2024) |
| Production nucléaire | 11% du mix total (baisse de 5 TWh) |
| Investissement nucléaire prévu | 17 milliards d’euros |
| Mise en service nouveaux réacteurs | 2029-2031 (prévision) |
La hausse paradoxale de l’usage du gaz et ses répercussions sur la pollution #
Alors même que la production d’électricité renouvelable atteint un niveau inédit, le recours au gaz naturel augmente de 5% en 2025, couvrant désormais 28% de la demande électrique britannique. Cette hausse intervient pour compenser tant la fermeture des centrales à charbon que la baisse temporaire de la production nucléaire, assurant la stabilité du réseau lorsque les énergies renouvelables varient.
Mais ce gain en fiabilité se fait au prix d’une légère hausse de l’empreinte carbone du secteur électrique, avec une intensité moyenne atteignant 126 gCO2/kWh, soit une augmentation de 2% par rapport à 2024. L’augmentation des émissions de gaz représente un véritable enjeu car elle ralentit la décarbonation du bilan énergétique national malgré la montée des renouvelables.
Les spécialistes soulignent que cette dynamique illustre la fragilité du réseau face aux variations climatiques et techniques des autres filières. Le recours accru au gaz, moyen de production fossile plus propre mais toujours émetteur, montre que la transition énergétique est un processus complexe qui doit conjuguer décarbonation, fiabilité et adaptation des infrastructures.
- Gaz naturel: 28% du mix électrique, +5% de hausse;
- Émissions moyennes par kWh: 126 grammes de CO2, +2%;
- Rôle du gaz pour compenser la fermeture du charbon et la baisse nucléaire;
- Défis techniques et environnementaux liés à l’intermittence des renouvelables.
| Élément | Données 2025 |
|---|---|
| Part du gaz dans le mix | 28% |
| Augmentation utilisation gaz | +5% |
| Émissions CO2 par kWh | 126 g (hausse de 2%) |
| Importance pour stabilité réseau | Compensation des baisses charbon et nucléaire |
Transition énergétique britannique : stratégies pour un système électrique durable et moins polluant #
Les objectifs ambitieux du Royaume-Uni en matière de transition énergétique se traduisent par un plan ciblé pour rendre le système électrique plus durable, avec une ambition affichée de fournir 100% de l’électricité à partir de sources décarbonées d’ici 2030. Cette feuille de route implique de fortes augmentations dans les capacités renouvelables, la relance nucléaire, mais aussi une réduction drastique de la dépendance aux combustibles fossiles comme le gaz.
Pour cela, plusieurs axes sont prioritaires :
- Renforcer et diversifier les énergies renouvelables, notamment en développant davantage d’éoliennes offshore et de centrales solaires;
- Accélérer le déploiement des projets nucléaires, en assurant la maintenance et la prolongation des réacteurs existants car ils contribuent à un réseau stable bas carbone;
- Investir dans le stockage d’énergie et les réseaux intelligents afin de gérer efficacement l’intermittence des renouvelables;
- Réduire progressivement le rôle du gaz en promouvant les alternatives telles que l’hydrogène ou le captage et stockage du carbone.
Ce plan s’accompagne d’efforts pour intégrer la demande croissante en électricité, montée de 1% en 2025, tout en améliorant la gestion des flux d’importations et d’exportations électriques. La baisse des importations nettes et la hausse des exportations démontrent un positionnement stratégique de plus en plus affirmé sur le marché européen de l’énergie. La réussite de ces mesures sera déterminante pour éviter que la pollution ne reparte à la hausse et pour assurer un bilan énergétique positif et cohérent avec les engagements climatiques.
Stratégie
Description
Développement renouvelables
Expansion éolien et solaire
Relance nucléaire
Construction de réacteurs EPR et prolongation des actuels
Stockage d’énergie
Installation de batteries et gestion réseau intelligent
Diminution fossiles
Investissement dans hydrogène et capture carbone

Le rôle de l’optimisation réseau et des innovations pour réduire la pollution électrique #
Un enjeu majeur pour réduire la pollution liée à l’électricité britannique réside aussi dans l’efficacité et la modernisation des réseaux électriques. En 2025, malgré le développement des renouvelables, l’opérateur national NESO n’a pas réussi à faire fonctionner le réseau sans recours aux énergies fossiles sur une durée continue de 30 minutes, témoignant des limites actuelles.
Pour pallier ce défi, plusieurs innovations sont déployées, focalisées sur :
- Les technologies de stockage à grande échelle, permettant de garder l’électricité renouvelable produite pour alimenter le réseau en période de faible production;
- Les réseaux intelligents, qui optimisent la distribution d’électricité en temps réel selon la demande et les disponibilités;
- Le développement des interconnexions avec les pays voisins pour équilibrer le flux d’électricité;
- Les projets pilotes pour intégrer de nouvelles sources d’énergie bas carbone comme l’hydrogène vert.
Ces innovations sont indispensables pour réduire la pollution globale induite par la production électrique en assurant une meilleure intégration des énergies renouvelables, limitant ainsi le recours au gaz ou à d’autres combustibles fossiles. Elles permettront aussi de gagner en résilience face aux aléas climatiques et à la hausse de la demande électrique, consolidant le bilan énergétique du Royaume-Uni.
Innovation
Objectif
Stockage d’électricité
Réduction de l’intermittence des renouvelables
Réseaux intelligents
Optimisation flux énergie
Interconnexions
Stabilité et échanges transfrontaliers
Hydrogène vert
Substitution des fossiles

Les points :
- L’évolution majeure du mix électrique britannique : un record inédit en production renouvelable
- La fermeture du charbon et le recul nucléaire : un défi pour le mix énergétique
- La hausse paradoxale de l’usage du gaz et ses répercussions sur la pollution
- Transition énergétique britannique : stratégies pour un système électrique durable et moins polluant
- Le rôle de l’optimisation réseau et des innovations pour réduire la pollution électrique

